Persona

3 danseuses – vidéo – musique – lumière

Partant d’un rapport étroit des médiums impliqués, Persona génère une atmosphère labyrinthique, tendre et trouble à la fois. Les notions de déterritorialisation et de circulation sont centrales. Entre solitude et promiscuité, décharge et précision, tension et minimalisme, les danseuses évoluent dans un système clos sur fond de musique drone doom.

Persona est une personne et personne, une unicité dans une multitude et
une multitude dans une unicité.

Concept Louise Vanneste

Performance Anja Röttgerkamp, Eveline Van Bauwel, Louise Vanneste
Musique Antoine Chessex et Monno
Vidéo Stéphane Broc
Lumière Renaud Ceulemans

4 mars 2011
Etape de travail – CCNFC à Belfort

22 – 23 – 24 mars 2011
Première – Théâtre de l’Ancre – Charleroi – Belgique

25 mars 2011
Festival XS – Théâtre National – Bruxelles

26 mars 2011
Les Repérages – théâtre de l’Ancre – Charleroi

Entretien

Propos recueillis par Olivier Hespel – mars 2011

Quelle est l’idée de base de Persona ?
Louise Vanneste : Développer une pièce à partir d’un travail sur les états de trois danseuses. Des états qui engendreraient des façons singulières de bouger, de se placer et d’entrer en dialogue entre elles.

Pour créer ces états singuliers, un élément fort : la musique, de la drone doom…
C’est une musique très dense, qui dégage une atmosphère à la fois lourde et très poétique, ténébreuse aussi, mais tellement engagée que, à l’écoute, les sensations se transforment, se décuplent… J’y trouve quelque chose de profondément humain également.

Une musique dense, hypnotique, qui pourrait créer des états presque seconds…
C’est une des raisons qui m’a poussée à utiliser la musique de Monno et à travailler avec l’un de ses membres, Antoine Chessex. Le choix des sons (basse, batterie, saxophone, ordinateur portable), leurs agencements organiques, l’aspect continu et répétitif de la musique, son volume sonore : tout cela atteint physiquement le corps, le fait vraiment vibrer. Ce que j’aime aussi dans cette musique, c’est qu’elle crée un paysage sonore imposant (qui influence clairement la lecture de ce que l’on voit) et qu’en même temps elle laisse la possibilité pour le danseur de trouver son propre rythme, son propre état, car c’est une musique qui s’étire, se répète.

Et le mouvement face à cela, comment le voyez-vous ?
Nous sommes en pleine création, tout se construit encore. Mais ce qui est sûr, c’est que nous ne cherchons pas à écrire du mouvement ou un vocabulaire avec lequel on va jouer. Nous partons d’improvisations et d’états physiques qui ouvrent les rapports (interdépendants) entre les trois danseuses dans un jeu d’écoute et de contrepoints, de situations tantôt abstraites et tantôt très concrètes…

La vidéo est très présente également. Quelle est son identité ?
On a filmé autant des matières ou des paysages que les trois danseuses placées dans des situations particulières… La vidéo sera présente en fond de scène, dans une cohabitation constante avec les interprètes et la lumière, avec un jeu de gradation de la présence de l’image : traitée comme élément de couleur, lumière, décor, rythme ou « contenu »… Avec la volonté que tous les médiums (lumières, vidéo, danse, scénographie) s’agencent sur le plateau de façon organique. La musique étant la « membrane » qui englobera le tout.

Quelles couleurs pour cette pièce ?
J’aimerais pouvoir créer un noir et blanc scénique. Comme si l’on regardait un film en noir et blanc… Puis, petit à petit, dans une transformation assez lente, une couleur s’installera dans des tonalités brûlées, orangées, comme la couleur d’un coucher/lever de soleil, quelque chose d’entre-deux… Le tout aura une tonalité assez « pénombre », intime, permettant une perception du détail.


Production : Louise Vanneste / Rising Horses
Co-production : Charleroi Danses (Charleroi/Bruxelles, BE), L’Ancre (Charleroi, BE)
Avec le support du Ministère de la Communauté française Wallonie-Bruxelles, Service de la Danse; du CCN de Franche-Comté à Belfort, dans le cadre le l’accueil/studio du Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC France-Comté; de la SACD, du Grand Studio et du WBI.